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Le spectre de la conduite autonome inquiète

Quand on parle d'automatisation dans le monde du transport routier des marchandises, la discussion est plus souvent qu'autrement orientée vers l'avènement potentiel de camions lourds autonomes. Des sociétés telles Freightliner, Mercedes, Volvo, Waymo, Charge, Volkswagen, Tesla et autres ont déjà entrepris des essais de camions avec conduite autonome dans certains états américains et sur les routes de plusieurs pays européens. Pour certains, le futur du camionnage passe nécessairement par la conduite autonome alors que d'autres observateurs ne voient pas cette option comme une réelle solution viable et sécuritaire.

Lors de la Concordia Conference à New York en septembre dernier, les participants s'entendaient pour dire que les camions autonomes, surtout les véhicules lourds électriques autonomes, pourraient révolutionner le transport des marchandises au cours de la prochaine décennie. Toutefois, des intervenants comme Wilbur Ross, le Secrétaire du commerce au sein du Cabinet de Donald Trump, reconnaissent que cette révolution ne se ferait pas sans heurt alors qu'un grand nombre d'emplois bien rémunérés en paieraient le prix.

Le Forum International du transport (FIT), un organisme affilié à l'Organisme de coopération et de développement économique (OCDE), diffusait un rapport au printemps 2017 qui énonçait que les camions autonomes généreraient de nombreux avantages pour l'industrie comme; des économies d'échelle importantes; une réduction de la pollution car un grand nombre de ces véhicules ferait appel à l'électricité, l'hydrogène ou autres carburants alternatifs; un moins grand nombre d'accidents tout en offrant une solution pour contrer la pénurie de chauffeurs. Tout cela est fort prometteur, mais il y a aussi un coût humain prévisible alors que 70% de tous les emplois en camionnage pourraient être perdus d'ici 2030.

« On me dit que quelques 3 millions d'adultes gagnent leur vie honorablement en tant que chauffeurs de camions de route au États-Unis », de dire Wilbur Ross. « Ces individus possèdent tous des compétences particulières pour conduire ces gros véhicules et plusieurs d'entre eux sont propriétaires de leurs camions ou les louent et sont en quelque sorte des entrepreneurs. Mais il est difficile de dire si ces entrepreneurs auront le capital requis pour acquérir les nouveaux camions autonomes et en plus, il n'est pas assuré que les camionneurs contribueront à se rendre obsolètes. »

« Nous travaillons avec l'industrie, les éducateurs, la main-d'œuvre pour tenter de trouver les moyens de modifier le système éducatif américain », poursuit Ross. « Présentement, ce dernier n'offre pas les formations requises pour outiller la population afin de répondre à de nouvelles réalités. Plusieurs écoles secondaires n'enseignent plus la chimie, les mathématiques et la physique et c'est un handicap important en évoluant dans un monde de plus en plus technologique. »

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