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Comprendre la conduite avec facultés affaiblies par les drogues

La Fondation de recherches sur les blessures de la route, de concert avec State Farm Canada, lance le Centre d'études sur la conduite avec facultés affaiblies par les drogues (CECFAD), une ressource de sensibilisation en ligne qui rassemble des actualités, des documents d'information et des données pour l'élaboration de mesures de traitement. En quelques années, la conduite avec facultés affaiblies par la drogue s'est hissée parmi les priorités des gouvernements, des forces de l'ordre et des autres intervenants en sécurité routière. Cette situation s'explique notamment par l'augmentation combinée de la proportion de conducteurs interceptés qui déclarent volontairement avoir consommé de la drogue dans les deux dernières heures et de la proportion de conducteurs intoxiqués qui décèdent dans un accident de la route. Le public connaît encore peu les effets de certaines drogues sur la capacité de conduire, d'où la nécessité de trouver des stratégies de dissuasion.

Les effets de l'alcool sur la conduite sont certes bien connus et reconnus, mais on ne peut en dire autant de ceux de la drogue. Si on ajoute à cela l'attitude parfois un peu trop tolérante de certains jeunes envers la marijuana au volant, nous avons deux éléments qui soulignent l'importance critique de la sensibilisation. « Il faut absolument sensibiliser le public aux conséquences de la drogue au volant pour prévenir le problème », insiste John Bordignon, relationniste de presse de State Farm Canada. « Nos récents sondages révèlent que la moitié des consommateurs de cannabis nient que cette drogue nuise à leurs facultés au volant. Avec l'imminence de la légalisation de la marijuana récréative et la crise des opiacés qui fait rage dans certaines régions du pays, le CECFAD et ses données publiques contribueront sûrement à éviter bien des blessures et des décès. »

 

« Sur le plan scientifique, il est bien plus complexe d'expliquer l'effet de la drogue que celui de l'alcool sur le cerveau », ajoute Robyn Robertson, présidente et chef de la direction de la Fondation de recherches sur les blessures de la route. « C'est sans compter la multitude de drogues légales et illégales et de médicaments sous ou sans prescription susceptibles de réduire la faculté de conduire. En outre, les effets de certaines drogues varient selon les personnes et les circonstances. » Selon le rapport Road Safety Monitor 2016 de la Fondation de recherches sur les blessures de la route sur la drogue au volant :
• Pendant l'année de référence, 2,2 % des conducteurs ont déclaré volontairement avoir consommé de la marijuana dans les deux dernières heures, comparativement à 1,6 % en 2013.
• Selon le rapport Le problème des accidents liés à l'alcool et à la drogue au Canada de 2013 :
• Cette année-là, les jeunes conducteurs (26-35 ans) sont décédés intoxiqués dans une plus grande proportion (50,3 %) que toute autre tranche d'âge.
• 76,2 % des conducteurs décédés après avoir consommé de la drogue étaient des hommes.
• La plupart des conducteurs décédés dans un accident impliquant un seul véhicule sont ceux qui avaient consommé de la drogue (48,2 %).
• Le cannabis est la drogue la plus courante dans le sang des conducteurs décédés intoxiqués.

 

L'espoir pointe à l'horizon : depuis quelques années, en effet, les études sur le sujet foisonnent dans des milieux aussi variés que la sécurité routière, la justice, la santé, la neuroscience et plusieurs autres. L'envers de la médaille, par contre, c'est que cette avalanche de données complique la tâche des décideurs, des responsables gouvernementaux, des forces de l'ordre et des professionnels de la santé, qui peinent à rester au fait. « La drogue au volant en préoccupe plusieurs, notamment car elle touche les conducteurs de tous âges », s'inquiète Ward Vanlaar, chef de l'exploitation de la Fondation de recherches sur les blessures de la route. « Selon notre base de données nationale sur le nombre de décès de la route, 44,5 % des conducteurs décédés dans un accident de la route en 2013 avaient consommé de la drogue, une proportion supérieure à celle de l'alcool (31,6 %). Si les plus jeunes avaient souvent fumé de la marijuana, leurs aînés avaient plutôt consommé des médicaments sous prescription. »

En janvier 2015, le Mouvement Desjardins, le premier groupe financier coopératif et l'un des trois principaux assureurs de dommages au Canada, a acquis les activités canadiennes de State Farm. La Fondation de recherches sur les blessures de la route a créé le CECFAD pour épauler les responsables de la sécurité routière soucieux de réduire la conduite avec facultés affaiblies par la drogue. Sa structure simple et claire comprend plusieurs modules présentés sous forme de questions et réponses, ainsi que diverses fiches informatives à l'intention des professionnels de la santé, des enseignants, des parents et des adolescents. Pour la consulter, rendez-vous sur le site : www.druggeddriving.tirf.ca/fr.

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