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Camions électriques BYD pour la cueillette des ordures

Par : Éric Descarries

Alors que le «génie» Elon Musk, de Tesla, continue de nous annoncer son premier véritable camion poids lourd à propulsion complètement électrique et que le constructeur américain Nikola nous promet un tracteur routier électrique avec piles à combustible à l'hydrogène d'ici quelques mois, c'est vraiment aux expositions comme l'ACT Expo (Alternative Clean Transportation) de Los Angeles et la WasteExpo qui vient de se dérouler à New Orleans, Louisiane que les «véritables» premiers camions électriques s'apprêtent à faire leur apparition sur le marché.

En effet, tout semble indiquer que l'électrification des poids lourds passera d'abord par la collecte des ordures! D'ailleurs, c'est une bonne idée car on sait tous que les poids lourds qui servent à la collecte des ordures sont parmi les camions les plus sollicités (pour ne pas dire torturés). Ils feront alors d'excellents prototypes à cette nouvelle technologie. Et c'est sans surprise que l'on apprend que le constructeur chinois BYD (Build Your Dream) s'avance déjà dans ce segment, lui qui développe rapidement une expertise dans le domaine des bus urbains électriques. BYD se vante d'être le constructeur du tout premier camion de collecte d'ordures à propulsion 100% électrique conçu et construit spécifiquement pour cette fonction. Et, toujours selon BYD, le camion est actuellement en vente!

 

Le camion BYD d'une capacité de 10 tonnes (un peu plus de 9 tonnes métriques) est un modèle à châssis-cabine avec batteries, système de contrôle à haut voltage, système de propulsion tout électrique et même prise de puissance électrique (ePTO) pour faire fonctionner le système hydraulique de la benne d'ordures. Selon son constructeur, le camion aurait une autonomie de 76 milles (un peu plus de 122 kilomètres). Incidemment, BYD a créé son camion afin qu'il puisse être combiné aux produits des plus importants carrossiers du domaine en Amérique du Nord. 
BYD considère que les administrateurs de parcs de tels camions peuvent économiser jusqu'à 13 000 $ (US) voire même plus de coûts d'opération par année basant leur calcul sur des routes de 100 km par jour, cinq jours par semaine.

 

 

Ces économies incluent un entretien moins exigeant des véhicules vu qu'il y aurait moins de vidanges d'huiles et surtout moins d'usure des freins puisque les opérateurs pourront profiter de la technologie régénérative du freinage. Construits en Californie, les camions de BYD respectent les normes FMVSS et CMVSS. Leurs batteries peuvent être rechargées à 40 kW, 80 kW, 100 kW voire même à 200 kW d'une à cinq heures de recharge dépendant de l'interface utilisée. Et si les batteries sont chargées chaque jour, elles devraient durer 14 ans ou environ 5000 cycles.

BYD avait déjà dévoilé un plus petit camion du genre (avec cabine d'Isuzu) l'année dernière mais il ne pouvait charger que 3,9 tonnes (3,5 tonnes métriques). Cependant, il avait une autonomie de 160 kilomètres. D'autre part, le géant américain Paccar a dévoilé sa propre version d'un tel camion, un Peterbilt de Classe 8 déjà bien connu mais avec propulsion complètement électrique. La date de production du camion, si jamais le constructeur en décide ainsi, n'a pas été annoncée. Toutefois, chez Paccar on est bien conscient que la concurrence, surtout de BYD, de Motiv Power System et de Wrightspeed Inc., sera vive et que déjà, certains autres constructeurs sont aussi à l'ouvrage. Notons que Motiv et Wrightspeed adaptent leur système à des camions existants alors que BYD produit ses propres camions. Mack a déjà dévoilé un prototype au WasteExpo de 2016 utilisant d'ailleurs le principe de Wrightspeed.

 

 

Le camion Peterbilt est basé sur le châssis modèle 520 (un camion dédié à la collecte des ordures) alors que ses composantes électriques proviennent de la californienne TransPower qui produit l'ensemble ElecTruk dont les batteries au lithium-ion rechargeables ont une capacité de 300 kilowattheures. TransPower estime qu'ainsi le camion pourra parcourir 65 milles (105 km) (ce qui serait normal pour une journée de travail de huit heures d'un tel camion) alors que sa recharge exigerait environ quatre heures.

Dans le cas de Wrightspeed, on estime que ce système électrique fera économiser jusqu'à 35 000 $ par année en carburant et en entretien à ses propriétaires (ce qui demeure à démontrer surtout si l'on compare l'estimation de Wrightspeed à celle de BYD). Cependant, l'odeur des gaz diesel brûlés disparaîtra...il ne restera plus qu'à s'attaquer à celle des ordures! 

 

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