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S’attarder aux mauvais comportements sur la route

Si les bons comportements doivent être récompensés, il en va autrement pour les mauvaises habitudes telles que le cellulaire au volant, le non-port de la ceinture de sécurité ou le fait de ne pas respecter les feux piétonniers. De même, des actions supplémentaires s'imposent en matière de capacités affaiblies au volant (alcool et drogue). Pour CAA-Québec, certains comportements, parce que socialement inacceptables, nécessitent une révision des pénalités, notamment à l'égard des points d'inaptitude. Ce sont là certains éléments du passage de CAA-Québec lors de la consultation publique en sécurité routière. « Les acquis s'obtiennent par la législation, la sensibilisation, mais aussi par une application juste et équitable des lois. Ne l'oublions pas! », indique Sophie Gagnon, vice-présidente communications et affaires publiques chez CAA-Québec.

 

Les risques associés à l'utilisation du cellulaire au volant sont connus des experts. L'opinion des automobilistes sur cette question est claire : nous devons attaquer le problème de front. Voilà pourquoi CAA-Québec propose des recommandations musclées visant à contrer ce phénomène.
Adopter une gradation des sanctions pour les récidivistes, particulièrement au niveau des points d'inaptitude :
• Amender le Code de la sécurité routière afin d'élargir la présomption voulant qu'un conducteur qui tient en main un appareil semblable à un appareil muni d'une fonction téléphonique soit réputé faire l'usage d'un appareil muni d'une fonction téléphonique ; 
• Ouvrir un dialogue avec le gouvernement fédéral sur la pertinence de criminaliser l'utilisation du cellulaire au volant dans les cas de collisions entraînant la mort ou des blessures graves ;
• Accentuer les activités de prévention et de sensibilisation.

 

« Ces propositions découlent du risque accru que représentent les distractions au volant pour tous les usagers. Il faut offrir aux autorités les moyens de pénaliser plus sévèrement ces comportements et d'envoyer un message fort », souligne-t-elle. Considérant le manque de données probantes sur une limite légale de cannabis dans le sang (THC) et l'absence d'outils de mesure facilement utilisables, CAA-Québec encourage le gouvernement québécois à appliquer un principe de précaution. Il recommande d'appliquer une politique de tolérance zéro en attendant l'établissement d'une limite « per se » par le gouvernement fédéral.

« Les sondages démontrent l'inquiétude de la population à l'égard de la légalisation du cannabis et ses impacts sur nos routes. De plus, des statistiques américaines à ce sujet font état d'importantes détériorations du bilan routier là où le cannabis a été légalisé. Pire, les jeunes ont même tendance à banaliser l'impact de la consommation sur la sécurité routière. Les signes sont clairs, il faut agir dès maintenant », rappelle madame Gagnon. Du côté de l'alcool au volant, CAA-Québec estime qu'il faut envisager l'adoption de mesures administratives pour un taux d'alcoolémie variant entre 50 mg et 80 mg/100 ml pour réaliser de nouveaux gains au chapitre du bilan routier, il rappelle au gouvernement qu'il est de sa responsabilité de veiller à son acceptabilité sociale par des mesures d'information et de sensibilisation d'envergure.

Pour CAA-Québec, la cohabitation de l'ensemble des usagers passe par l'introduction du principe de protection de l'usager le plus vulnérable. Ainsi, les feux pour piétons devraient fonctionner en mode protégé, c'est-à-dire qu'au même moment tous les véhicules sont immobilisés, peu importe leur direction. Ce faisant, la traverse en diagonale pourrait être autorisée. « Mais attention, un arrêt demeure un arrêt et un feu rouge, un feu rouge, obligatoires pour tous! Piétons et cyclistes ont le devoir de respecter le Code de la sécurité routière. C'est aussi une question de cohabitation harmonieuse et de protection des usagers vulnérables. Et de la même façon qu'on oblige les automobilistes à s'attacher, il serait normal que les cyclistes soient tenus de porter un casque, sachant qu'il réduit la gravité des blessures à la tête », soutient la vice-présidente.

Mis à part au centre-ville de Montréal, CAA-Québec est favorable au virage à droite au feu rouge sur l'île de Montréal. Dans le cadre de cette consultation publique, CAA-Québec tient à rappeler ce principe de base : la bonne santé de notre régime public d'assurance et de notre bilan routier repose sur l'ensemble des comportements individuels. « Avec des coûts globaux de 4 milliards de dollars annuellement, les accidents de la route ont aussi un impact majeur pour la société. Tous les usagers ont un rôle à jouer pour améliorer notre bilan routier qui s'est d'ailleurs détérioré en 2015, après 5 ans de gains consécutifs. Preuve qu'en matière de sécurité routière, rien n'est acquis », affirme Sophie Gagnon.

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