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Le REM pour faire entrer le Québec dans la modernité

Par : Martial Vincent, président du c.a., Pôle d’excellence québécois en transport terrestre

Fidèle à sa mission de doter l'industrie du transport d'une structure unifiée et forte visant à favoriser sa croissance, sa compétitivité, son rayonnement et son développement à long terme, le Pôle d'excellence québécois en transport terrestre apporte son appui au projet de Réseau électrique métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Faire rayonner notre expertise

Bien que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) ait émis des réserves quant au projet, notamment sur certains aspects environnementaux et financiers, nous sommes d'avis que le projet de REM serait mobilisateur et structurant pour le Québec. Un projet de cette ampleur servirait de vitrine exceptionnelle pour nous faire entrer dans la modernité, permettant du coup de faire rayonner notre expertise et notre savoir-faire sur la scène internationale. En permettant de créer un large réseau de transport collectif connecté à ceux existants aux quatre coins de la grande région de Montréal, le REM deviendrait ainsi le quatrième plus important réseau de transport électrique automatisé du monde en termes de longueur du tracé, avec ses 67 kilomètres de voies doubles.

Dans le contexte de la mondialisation dans lequel nous sommes plongés, et qui demande une main-d'œuvre de qualité et des stratégies de production « juste à temps », le projet de REM contribuerait également à dynamiser notre économie. Et bien que nous déplorions l'absence de promesse de contenu local pour sa réalisation, nous croyons fermement posséder l'expertise nécessaire et une masse critique d'entreprises locales qui peuvent jouer un rôle clé dans l'exécution de ce projet colossal. Le savoir-faire et la réputation de nos entreprises en transport qui font appel à du talent d'ici dépassent largement nos frontières, il est impératif que nous puissions capitaliser sur ces atouts locaux.

Rappelons que le CDPQ Infra, qui permet de générer des rendements commerciaux pour la Caisse de dépôt et placement du Québec et ses partenaires, évalue la création de plus de 8 500 emplois directs et indirects durant chacune des années de construction du projet. Pleinement automatisé, le projet de REM fonctionnerait également à l'électricité, qui, au Québec, proviendrait d'une source renouvelable, non polluante et, surtout, à faible coût.

Développer une perspective réseau

D'autre part, le projet de REM combinerait à la fois deux projets majeurs de transport collectif de la grande région métropolitaine, qui, sans toutefois voir le jour, ont fait l'objet de plusieurs études ces dernières décennies, soit dans l'axe A-10/Centre-ville de Montréal et dans l'Ouest de l'Île de Montréal, via l'aéroport Pierre Elliot Trudeau. Il permettrait de relier différentes solitudes urbaines pour renforcer le pouvoir d'attraction économique de notre métropole et de ses banlieues. En raison des problèmes de fiabilité et de régularité du service de transport collectif qui caractérisent si bien ces axes, la non-réalisation de REM impliquerait sans contredit un recul important.

Il faut ainsi considérer la mise en place de cette importante infrastructure dans une véritable perspective réseau afin d'en maximiser l'impact et les retombées, tant aux plans de l'achalandage et de l'aménagement du territoire autour de ses 27 stations, de ses 13 stationnements incitatifs et de ses neuf terminus d'autobus. La mise en place d'une solution réunissant entre autres ces deux projets en un seul réseau digne du 21e siècle (rapide, sécuritaire, disponible et fiable, et ce, quelles que soient les conditions climatiques) et rentable, aux plans économique, social et environnemental, aurait plusieurs effets positifs dont le Québec tout entier pourrait bénéficier.

Avec des coûts socioéconomiques frôlant les deux milliards dans la région de Montréal, soit plus de 1 % de son produit intérieur brut (PIB), le projet de REM apporterait enfin des solutions aux problèmes de la mobilité de travailleurs. Puisque l'accessibilité au transport collectif représente souvent un facteur de localisation pour les entreprises, il permettrait ainsi d'élargir leur bassin de la main-d'œuvre avec une fréquence soutenue (3 à 12 minutes aux heures de pointe, selon les stations), 20 heures par jour (de 5 h à 1 h), 7 jours sur 7. Bien que nous restions à l'écoute des différentes parties prenantes pour améliorer le projet de REM, il nous faut avant tout concéder que ce projet est à la fois visionnaire et réaliste. Notre inertie a un coût qu'il ne faut plus négliger!

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