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Les pires bouchons de circulation au Canada

Ils ne couvrent que 65 kilomètres, mais les 20 pires points d'engorgement routier du Canada font néanmoins perdre collectivement 11,5 millions d'heures aux automobilistes en plus de leur faire gaspiller 22 millions de litres de carburant par an. Ces chiffres sont tirés du rapport Quand tout s'arrête : Évaluation des pires points d'engorgement au Canada, une étude inédite publiée le 11 janvier dernier par l'Association canadienne des automobilistes (CAA). Même si des études précédentes ont déjà tenté de dresser le portrait global de la congestion routière pour une agglomération ou une région donnée, la présente analyse se distingue parce qu'elle cible et compare le niveau de congestion de certains tronçons autoroutiers au Canada.

« La congestion routière est une source de stress importante chez les Canadiens. Selon notre étude, tous les résidents de centres urbains subissent les conséquences des engorgements, qui font augmenter jusqu'à une fois et demie les temps de déplacement », rapporte Jeff Walker, vice-président aux affaires publiques de la CAA. « Réduire la congestion routière serait synonyme d'économies, à la fois en carburant, en émissions de gaz à effet de serre et en argent. Il s'agirait donc d'un pas de plus vers la réalisation de nos engagements en matière de changements climatiques, et cela permettrait d'améliorer par le fait même la qualité de vie de millions de Canadiens. »

Des études montrent que les goulots d'étranglement constituent la principale cause de retards routiers (dépassant de loin les accidents de la route, les conditions météorologiques et la construction). L'étude Quand tout s'arrête : Évaluation des pires points d'engorgement au Canada fournit des assises objectives pour la prise de décisions éclairées aux niveaux fédéral, provincial et municipal lorsqu'il est question d'investissements dans les infrastructures et de politiques environnementales. Elle calcule notamment ce que ces points d'engorgement coûtent aux Canadiens en temps et en productivité perdus ainsi qu'en gaz à effet de serre dissipés.

 

Dix des vingt zones les plus embouteillées se trouvent à Toronto; cinq se trouvent à Montréal, quatre à Vancouver et une à Québec. D'autres centres urbains connaissent aussi des problèmes d'engorgement, notamment Calgary, Edmonton, Regina, Winnipeg, Ottawa et Halifax. Voici quelques faits en bref :
• Le tronçon de l'autoroute 401 qui traverse la partie nord de la ville de Toronto figure au premier rang des pires goulots autoroutiers au Canada. Les engorgements qui s'y installent font perdre plus de 3 millions d'heures annuellement aux automobilistes. Cinq des dix principaux goulots d'étranglement se retrouvent dans la région de Toronto.
• Le tronçon de l'autoroute 40 en direction du centre-ville de Montréal occupe le troisième rang des pires goulots d'étranglement au pays, et les retards qui en découlent privent les automobilistes de près de 2 millions d'heures annuellement.
• En comparant nos embouteillages avec ceux de nos voisins du sud selon une méthodologie similaire, on constate que les points d'engorgement routier de Toronto et de Montréal se classent parmi les pires en Amérique du Nord.
• À Vancouver, même si aucune autoroute non signalisée ne dessert le centre-ville, certains tronçons le long de deux artères principales (rue Granville et rue Georgia Ouest) enregistrent les vitesses de circulation les plus basses au pays et sont suffisamment engorgés pour figurer au palmarès des dix plus importants points d'engorgement au pays.

 

Depuis sa création, la CAA se dévoue à favoriser le progrès en matière d'infrastructure. En plus de procéder à la collecte de données factuelles sur les routes du pays, la CAA s'intéresse à ce que les Canadiens pensent de leur réseau routier. Chaque année, la CAA mène une campagne sur les « pires routes », laquelle permet à des milliers de Canadiens de signaler les routes qu'ils considèrent dangereuses, mal entretenues ou mal conçues dans leur région. La CAA utilise ces données pour tenir un dialogue constructif avec les municipalités et les provinces, ce qui a bien souvent pour effet d'entraîner une amélioration de la condition de nos routes. De 80 à 90 % des routes répertoriées dans le cadre de la campagne ont fait l'objet de réparations ou sont en voie d'être réparées.

Cette étude résulte d'un processus de collecte et d'analyse de données sur la vitesse et le débit du trafic autoroutier dans les zones urbaines du pays; ces données ont été fournies par la société HERE, spécialisée en cartographie et en technologie de localisation. Les étranglements répertoriés concernent les tronçons autoroutiers qui sont régulièrement et systématiquement engorgés à toute heure de la journée en semaine, comparativement à d'autres tronçons où la congestion se limite à certaines heures de la journée ou à certains jours de la semaine. La CAA a mandaté CPCS, une firme d'experts-conseils en gestion du transport établie à Ottawa, pour effectuer les recherches et analyses liées à l'étude.

Selon le CAA, la congestion routière entraîne des conséquences sur la qualité de vie des individus ainsi que des effets sur l'ensemble de l'économie. Les automobilistes et autres passagers sont contraints de sacrifier des heures potentiellement productives ainsi que du temps précieux sur le plan personnel ou familial. Lorsque des camions sont emprisonnés dans la circulation, il en coûte plus cher aux entreprises et aux consommateurs pour se procurer les biens transportés. À terme, la perte de productivité des passagers ainsi que les coûts du retard des marchandises transportées entraînent des répercussions sur la compétitivité économique à l'échelle régionale et nationale.

Outre les retards, la congestion fait aussi augmenter la consommation de carburant et les émissions de gaz à effet de serre. En effet, les moteurs qui tournent au ralenti dans les embouteillages consomment beaucoup plus de carburant, ce qui a pour corollaire une augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Dans le cadre d'une analyse comparative des principaux points d'engorgement au Canada et aux États-Unis, Toronto se classe au 14e rang des agglomérations urbaines les plus engorgées alors que Montréal arrive en 35e place.

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