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Selon Camo-Route, le besoin de main-d’œuvre est réel

Dans le cadre d'une conférence devant les membres de l'Association des mandataires en vérification mécanique du Québec (ASMAVERMEQ) réunis en congrès à Gatineau le 16 septembre dernier, Mario Sabourin, directeur général du Comité sectoriel de main-d'œuvre de l'industrie du transport routier au Québec (Camo-Route) a présenté un diagnostic de la main-d'œuvre dans les secteurs du transport routier de marchandises et des personnes. Pour les besoins de la cause, le transport routier des marchandises englobe le transport forestier, général, de vrac, de déchets industriels et de déchets domestiques. Le transport de personnes comprend le transport scolaire, interurbain, nolisé, adapté, taxi et limousine.

Ce nouveau diagnostic sectoriel est la 13e étude du genre publiée par Camo-Route depuis 2010. Ce travail fait avec une approche qualitative et quantitative ainsi que de la recherche de données secondaires a été réalisé par une équipe de 10 professionnels et un centre d'appels de 60 postes. Le diagnostic comprend un sondage web auprès de responsables des ressources humaines auquel 347 entreprises ont participé ainsi que neuf entrevues approfondies avec des intervenants clés de l'industrie. Selon Mario Sabourin, il s'agit d'un échantillonnage représentatif de l'industrie. 52% des répondants provenant de la région de Montréal et de l'Ouest du Québec, 22% de l'Est du Québec et 26% du Centre du Québec.

Le secteur du transport routier des marchandises au Québec englobe 9 263 emplacements et fournit des emplois à près de 65 000 personnes. 70% des emplacements, selon le diagnostic sectoriel, emploie moins de 5 personnes alors que la majorité des travailleurs sont des hommes et plus de la moitié ont 45 ans et plus, selon les données de Statistiques Canada recueillies par Camo-Route ainsi que le sondage. Dans un même ordre d'idées, les femmes ne représentent que 13% de la main-d'œuvre et 68% des flottes comptent 10 véhicules et moins.

Selon ce diagnostic, l'industrie avait besoin de 12 188 chauffeurs de classe 1 en 2016 et 2 299 chauffeurs de classe 3, sans oublier 1 022 répartiteurs, 3 167 manutentionnaires, 809 mécaniciens de véhicules lourds, 271 mécaniciens de semi-remorques et 2 078 propriétaires exploitants. Et les besoins ne s'arrêtent pas là, selon Marion Sabourin, alors que les demandes pour 2017 devraient se chiffrer à 10529 chauffeurs de classe 1 et 1 722 chauffeurs de classe 3 en plus de quelques milliers de répartiteurs, manutentionnaires, mécaniciens et propriétaires exploitants.

La moitié des embauches futures seraient motivées par le roulement de la main-d'œuvre. Par exemple, sur les 38 567 embauches prévues en 2016 et 2017, 18 284 (50%) proviendraient du roulement de personnel, 13 884 (36%) de la croissance d'entreprises et 5 399 (14%) du renouvellement des départs à la retraite. Il ne faut surtout pas penser que ces embauches se font sans heurts alors qu'en 2014-2015, 44% des entreprises qui ont embauché ont affirmé avoir eu des problèmes de recrutement. Cette problématique est flagrante quand vient le temps de recruter des chauffeurs alors que 94% des entreprises qui ont engagé des chauffeurs classe 1 et 53% de celles ayant embauché des chauffeurs de classe 2 ont eu des difficultés au niveau du recrutement. Ces embuches font en sorte que 21% des entreprises ont eu des postes disponibles pendant plus de deux mois.

La principale difficulté de recrutement serait la rareté de candidats compétents, suivi ensuite par le manque de candidats d'expérience et les horaires de travail. Selon les entreprises sondées, les difficultés de recrutement ont des conséquences directes sur la production alors que 53% d'entre elles ont connu une baisse de profits, 46% ont été obligées de refuser des contrats par manque d'effectif et 18% disent avoir perdu des contrats. Pour 13% des entreprises, la solution à la rareté de main-d'œuvre pourrait se trouver du côté de l'embauche de personnel immigrant alors que 61% trouvent peu probable ou pas du tout probable qu'elles emprunteront cette route.

Dans cette période de rareté de main-d'œuvre, la rétention de cette dernière devient aussi problématique pour 1 entreprise sur 5 alors que 87% de ces dernières confirment avoir eu des problèmes de rétention de chauffeurs de classe 1. Pour 26% des entreprises, la rétention passe par diverses mesures comme un salaire avantageux, des horaires flexibles pour assurer un équilibre entre la vie privée et professionnelle, 30% par des journées de vacances, 30% par la bonification au rendement, etc. Dans le domaine du transport routier des marchandises, il est important pour les entreprises d'anticiper les besoins de main-d'œuvre tout en s'assurant de bien former son personnel pour le retenir. La rareté de la main-d'œuvre dans le transport routier des marchandises n'est pas unique au Québec, elle se fait ressentir partout au Canada et aux États-Unis. La seule constante est qu'il n'y a pas de recette miracle pour l'instant. Il faut donc compter sur la créativité des entrepreneurs pour relever cet important défi.

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