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Une nouvelle voix pour l’industrie du camionnage

Mariée à un travailleur forestier qui dépend de l'industrie du camionnage pour transporter le fruit de son labeur et s'assurer de recevoir son chèque de paie, Lyne Gilbert a découvert que de nombreuses personnes partageaient ses inquiétudes. Elle trouve qu'il y a eu de graves manquements dans les communications de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) pour annoncer l'entrée en vigueur de la nouvelle ronde de sécurité et la mise à niveau d'autres normes de sécurité pour les camionneurs et les autobus. Elle a décidé de prendre les choses en main et de lancer une campagne à laquelle plusieurs ont répondu.

Le samedi 19 novembre dernier, plus de 600 camions ainsi que des familles de camionneurs et des dirigeants de petites entreprises de transport se sont réunis devant l'Assemblée nationale à Québec pour manifester leur mécontentement à 48 heures de l'entrée en vigueur de la nouvelle réglementation. La manifestation ne se limitait pas à Québec alors que de plus petits rassemblements ont eu lieu à Gaspé, dans le Bas Saint-Laurent, au Saguenay-Lac-St-Jean, en Abitibi et ailleurs au Québec au cours de la journée. Lyne Gilbert a pris la parole à Québec et était de tous les bulletins de nouvelles au Québec en ce samedi automnal à la température clémente.

« Les camionneurs indépendants et les petites et moyennes entreprises de transport de 10, 20, 40 ou 80 camions qui ne sont pas membres des associations existantes n'ont jamais été rencontrés par la SAAQ ou représentés aux tables où la nouvelle réglementation a été discutée », explique Lyne Gilbert. « Il y a beaucoup trop de zones grises et de place à de l'interprétation dans la nouvelle loi. Par exemple, qui peut effectuer la ronde de sécurité, ce n'est pas si clair que ça en a l'air. Et si un camionneur interprète un élément de la réglementation et un patrouilleur routier d'une autre, qui pensez-vous payera la note? »

Dans le cadre de sa croisade, Lyne Gilbert a identifié un problème auquel il faut trouver une solution. Pour sensibiliser l'industrie du camionnage, qu'elle connaît très bien car elle y œuvre depuis plusieurs années mais c'est en son nom personnel qu'elle s'est engagée dans le présent dossier, Lyne Gilbert a produit une vidéo, disponible sur sa page Facebook, qui a été visionnée plus de 225 000 fois. Le comité qu'elle a réussi à réunir a aussi mis en ligne une pétition, sur un site à cet effet du gouvernement du Canada (https://petitions.parl.gc.ca, # e-513) visant à faire reconnaître officiellement le métier de camionneur. Cette pétition sera en ligne jusqu'au 31 décembre 2016 et toutes les résidentes canadiennes et tous les résidents canadiens de 18 ans et plus sont invités à la signer.

« Il y a certainement plusieurs centaines, sinon des milliers de camionneurs indépendants et de petits transporteurs qui n'ont jamais été mis au courant de l'adoption de nouvelles normes de sécurité jusqu'à la dernière minute », ajoute Lyne Gilbert. « La SAAQ n'a pas fait de grandes campagnes à la télévision ou à la radio et comme tous ces entrepreneurs et travailleurs autonomes ne sont pas membres d'une grande association comme l'ACQ (Association du camionnage du Québec), qui est avant toute chose un regroupement de grands transporteurs, ils n'ont jamais été informés. De ce fait, ils n'ont jamais participé à quelconque formation sur le sujet. »

 

Lyne Gilbert et le comité qui a travaillé avec elle à organiser des manifestations un peu partout dans la province le 19 novembre dernier, ont établi trois objectifs prioritaires :
• Faire en sorte que les propriétaires indépendants de petites ou moyennes entreprises soient représentés aux différentes tables de concertation et non seulement les membres de l'ACQ et l'ANCAI.
• Faire reconnaître la profession de camionneur au fédéral et provincial.
• Demander un sursis de 3 à 6 mois auprès du gouvernement pour l'entrée en vigueur de la nouvelle ronde, étant donné les personnes lésées dans cette histoire.

 

Mais l'atteinte de ces trois objectifs ne veut pas nécessairement dire que le mouvement qui a pris forme un beau samedi d'automne mourra automatiquement de sa belle mort. Au contraire, Lyne Gilbert et les autres dirigeants de ce mouvement croient qu'ils ont peut-être jeté les bases d'un regroupement voué à faciliter le travail des camionneurs et des propriétaires de petites entreprises de transport routier. La commotion causée par l'entrée en vigueur des nouvelles normes de sécurité démontrent qu'un segment important de l'industrie est laissé pour compte...

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