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Mettre un terme au fléau de l’évasion environnementale

Conformité aux émissions de gaz à effet de serre (GES) : Enjeux et opportunités, tel était le thème de la conférence prononcée par Michel Bergeron, vice-président ventes et marketing de Cummins Est du Canada, lors du congrès annuel de l'Association des mandataires en vérification mécanique du Québec (ASMAVERMEQ) à Gatineau le vendredi 16 septembre dernier. La conférence voulait présenter les progrès faits au cours des années par rapport aux émissions de carbone, de NOx, de matières particulaires et autres polluants depuis que le souffre a été retiré du diésel et que l'EPA (Environmental Protection Agency - Agence de protection de l'environnement) des États-Unis a adopté ses premières normes.

Michel Bergeron a aussi parlé des nouvelles normes de la phase 2 de l'EPA qui couvriront les développements des 10 prochaines années tant pour les moteurs, les tracteurs, les châssis que les remorques ainsi que du réchauffement climatique et ses causes. Michel Bergeron en a surpris plusieurs en déclarant que l'industrialisation et le quotidien des humains ne sont pas la principale cause du réchauffement de la planète. Après avoir expliqué que le réchauffement climatique est à la base, l'énergie solaire entrant dans l'atmosphère terrestre puis réfléchie par la terre pour retourner dans l'espace. Une partie de cette chaleur est retenue dans l'atmosphère et génère ainsi les GES.

Sans s'affirmer négationniste, Michel Bergeron réfute les dires de certains écolos qui veulent que l'activité humaine soit la seule cause du réchauffement de la planète. Il cite en exemple les découvertes récentes d'artéfacts vikings jadis enfouis sous des mètres de glace sur les côtes du Groenland, pour expliquer son raisonnement. Selon lui, lors du passage des Vikings il y a plusieurs milliers d'années, la glace devait être moins épaisse pour que ces aventuriers puissent avoir foulé le sol et y avoir laissé divers artéfacts. Ce n'est qu'après le passage des Vikings que la glace est revenue pendant plusieurs centaines d'années. Michel Bergeron croit que le réchauffement climatique est un phénomène cyclique mais ne nie toutefois pas que l'activité humaine ait pu y jouer un certain rôle cette fois-ci tout en affirmant que : « L'activité solaire a plus d'impact que l'activité humaine sur les changements climatiques. »

« L'effet de serre a toujours existé et l'homme a peut-être aggravé la situation par ses activités, mais l'effet de serre est nécessaire à la vie sur terre en permettant à la planète de conserver une température moyenne oscillant aux environs de 15° Celsius. Sans l'effet de serre, la température moyenne serait probablement de -18° Celsius », explique Michel Bergeron. « La politique, l'immigration, l'économie, le terrorisme, l'énergie, l'environnement, la fiscalité et autres sont des facteurs qui font que le monde change. L'homme redessine continuellement la planète avec l'industrialisation et l'urbanisation. » Le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) de l'ONU prévoit que d'ici 2100, la température moyenne augmentera de 2° C.

Nouvellement affublé du titre d'officier à la conformité des émissions et formé en conséquence chez Cummins, Michel Bergeron a souligné que le Québec peut essayer de passer comme un bon élève qui veut électrifier ses transports, mais qu'il génère non moins de 9,78 tonnes de CO2 par habitant, soit plus que la Chine et le Brésil et moins que les pays européens. Beaucoup de progrès ont été enregistrés au cours des 25 dernières années mais cela ne veut pas dire qu'il faut ralentir la cadence des changements. Par exemple, en 1993 les moteurs au diésel généraient 500 ppm (particules par million) de souffre dans l'atmosphère et avec les nouvelles normes pour le carburant, ce chiffre est baissé à 15 ppm en 2006 et encore plus bas aujourd'hui. Il en est de même pour les NOx qui sont passés de 5.0 g/cv-hr (grammes par chevaux vapeurs par heure) en 1994 à 0.2 en 2010 et les matières particulaires dont le nombre se retrouve sous la barre des 0.1 g/cv-hr aujourd'hui.

Selon les tableaux présentés par Michel Bergeron, il faut 550 camions en 2016 pour émettre autant de matières particulaires qu'un camion en 1990. Pour les NOx, le ratio est d'un camion en 1990 pour 1 100 camions de 2016. « Il fallait faire quelque chose car les oxydes d'azote (NOx) et les matières particulaires sont nocives non seulement pour l'environnement mais également pour la santé humaine. Mais même en sachant cela, nombreux sont les transporteurs, les camionneurs et les gestionnaires de flotte qui trichent le système, qui apportent des modifications à leurs véhicules pour réduire un peu la facture de carburant et se donner des avantages concurrentiels indus. Je n'hésite pas à dire qu'il faut enrayer ce fléau, il faut trouver les moyens d'identifier ceux qui font ce que j'appellerai l'évasion environnementale », lançait Michel Bergeron à un auditoire attentif et un peu surpris de la tournure des événements.

Chaque camion, dont le système anti-pollution a été modifié illégalement, émettra en pollution l'équivalent de 54 camions en ordre respectant les normes. Donc, si le nombre de camions subissant des modifications est de quelques milliers sur la flotte québécoise, ce facteur multiplicatif fait en sorte que le niveau de pollution émise dans l'atmosphère est exponentiel. « Il n'y a aucun doute qu'il est urgent d'agir pour mettre un terme à ces pratiques déloyales et nocives pour l'environnement. Il faut que des lois, avec des amendes salées, soient adoptées et mises en application. Ce genre de pratiques malsaines vient anéantir des années de développements et d'investissements pour trouver des solutions afin de rendre le camionnage moins polluant. Il faut mettre un terme à l'évasion environnementale », de conclure le conférencier.

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